MAROC FINANCE

Portail de la Finance au Maroc

Agriculture: Bientôt des cartes de fertilité des sols

  • PDF

Bonne nouvelle pour le monde agricole. D’ici 2014 au plus tard, les agriculteurs marocains auront à leur disposition une carte de fertilité des différentes régions de production agricole. Le projet a été dévoilé lors de la dernière édition du Salon international de l’agriculture qui s’est déroulée du 28 avril au 3 mai à Meknès. Fruit d’une collaboration entre le groupe OCP, le ministère de l’Agriculture et l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), le projet a démarré par la réalisation d’une carte de fertilité complète de la province de Meknès, identifiée comme région pilote.

«Basé sur diverses techniques de grande précision, le projet est doté d’une enveloppe de 64 millions de DH cofinancée par le département de l’Agriculture et l’OCP», est-il indiqué. Il est conduit par l’INRA en tant que partenaire et professionnel de référence dans ce domaine. L’Institut fédère aussi l’ensemble de l’expertise nationale, notamment celle de l’Ecole nationale d’agriculture de Meknès et de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II. Le projet cible la couverture d’une superficie de 8,7 millions d’hectares d’ici à l’horizon 2014 selon 3 périmètres.

Le premier, d’une superficie d’environ 6 millions d’hectares,  concerne les zones bour dont les sols sont déjà cartographiés. Le second périmètre relève aussi des zones bour mais où la cartographie devrait être menée sur une surface de 1,9 million d’hectares. Enfin, le dernier périmètre est constitué des zones de grande hydraulique. Il porte sur 800.000 ha. Le tout sera décliné en cartes de fertilité régionales et structurées dans un système d’information géographique national (SIG). Ces outils auront un caractère d’utilité publique et seront mis à la disposition du monde rural via les centres de conseil et de formation régionaux. Entités que le département de l’Agriculture devrait mettre en place à cette fin. Baptisés «ferti-conseils», ces centres accompagneront les agriculteurs dans l’application des résultats de la carte de fertilité.

L’objectif affiché est d’introduire les techniques d’une «fertilisation raisonnée», basée sur une connaissance accrue des sols et de leurs besoins en engrais. De sorte à en assurer l’apport des nutriments nécessaires tout en préservant l’équilibre environnemental et les ressources en eau. D’autant plus que les études du plan Maroc Vert ont mis en évidence la baisse tendancielle de la fertilité des sols. Situation encore aggravée par l’insuffisance des apports en termes de fertilisants. Selon ces études, seuls 33% des besoins de fertilisation sont apportés. Conjuguée à une faible rationalisation de l’utilisation des engrais, la carence se traduit par un appauvrissement graduel des sols. Surtout chez la grande majorité des petits agriculteurs. De fait, à peine 1 million de tonnes d’engrais est utilisé aujourd’hui, alors que les besoins s’élèvent à 2,5 millions de tonnes. Du coup, le pourcentage des terres épuisées, principalement celles dédiées aux céréales, est d’environ 74%.

D’où l’intérêt des cartes de fertilité. Mieux encore, les objectifs du plan Maroc Vert demeurent intimement liés à ces outils. «Mais au-delà, il s’agit de dépasser l’approche traditionnelle qui était axée sur les moyens d’accroître les rendements pour s’inscrire dans une agriculture durable», est-il souligné. Car une exploitation intensive des sols qui ne tient pas compte des dimensions biophysiques, notamment les nutriments et les bilans hydriques, aurait à coup sûr des retombées plutôt négatives. Du moins, des rendements en deçà des objectifs et pas du tout constants. Or, les indicateurs de fertilité se basent avant tout sur l’analyse de la nature des sols en rapport avec les cultures à pratiquer. L’approche permet ainsi de définir avec précision les besoins spécifiques des sols et leur potentiel d’exploitation agricole.

Abordées sous cet angle, les cartes de fertilité constituent donc un outil d’aide à la prise de décision. «D’autant plus qu’elles seront réalisées sur des bases scientifiques, reconnues et standardisées internationalement», assurent les promoteurs du projet. Et les paramètres pris en considération ne sont autres que la qualité du sol, les données climatiques et les exigences des cultures. Ces cartes permettent le choix des spéculations en donnant une évaluation agronomique fine de l’aptitude des terres à être cultivées durablement. Elles permettent aussi d’identifier les  bassins où la production sera le mieux optimisée.

En attendant, l’OCP a mis au point une nouvelle offre pour les distributeurs d’engrais. Visant le développement de la consommation des fertilisants, le programme offrira des services de conseil et de formation à ses partenaires. «L’objectif est de permettre aux agriculteurs d’accéder à des produits de qualité et à des prix abordables», est-il indiqué. Au menu, un soutien financier et logistique sera fourni par l’OCP à ses distributeurs.

 

Trois régions pilotes

 

 

Une première. L’OCP commercialisera dès la prochaine campagne agricole de nouvelles formules d’engrais mieux adaptées à la nature des sols et des cultures dans trois régions pilotes: Gharb/Saiss, Chaouia/Tadla et Doukkala. L’objectif est de rationaliser la fertilisation de certaines cultures majeures. A commencer par les céréales qui représentent 75% des superficies cultivées au Maroc.

MAROC FINANCE

Portail de référence dans le monde de la Finance au Maroc, pour vos remarques, suggestions ou autre, contacter nous marocfinance@finessecom.com