Mohamed Benchaâboune, président-directeur général de la Banque Populaire (BP), affichait la mine des grands jours lors de la présentation des résultats financiers de son Groupe.
Et pour cause! Les principaux indicateurs, même ceux des filiales, affichaient un vert intégral. Derrière cette embellie, la stratégie opérée par BP, qui semble toujours autant capitaliser sur son positionnement dans les métiers de financement et d’investissement.
Ainsi, le Groupe (Crédit Populaire + filiales + fondations) enregistre au terme du 1er semestre 2009 un RNPG de pas moins de 1,6 milliard de DH, en croissance de +7,6%.
Sur une base sociale, son résultat net s’est également apprécié de 12,7% à 1,4 milliard de DH.
Parallèlement, le produit net bancaire consolidé prend 8,7% à 4,4 milliards de DH, «sous l’effet d’un positionnement plus efficace sur le marché, doublé de l’évolution du résultat des activités de marché et des marges sur commissions», soutient Benchaâboune.
Les fonds propres ne sont pas en reste. Ils se sont établis à 22,7 milliards de DH, en hausse de 17,4%, renforçant de fait l’assise financière du Groupe.
Dans la même lignée, le total bilan affiche un accroissement de 8% à 199 milliards de DH.
Impacté par le renforcement de l’efficacité opérationnelle avec le lancement des récents projets et investissements, le coefficient d’exploitation est en revanche descendu à 39,7% (contre 41% à fin juin 2008).
Du côté de l’activité retail, les dépôts de clientèle s’assurent un plus de 13% à 157 milliards de DH. Une progression qui reste supérieure à celle du secteur bancaire (+6,8%). Le Groupe s’assure également une part de marché qui monte à 27,2%, en progression de 0,7 point par rapport à fin 2008.
Il faut dire que pour le seul semestre 2009, le portefeuille a cumulé près de 218.000 nouvelles relations. «Ce qui a fait que BP possède désormais la plus large base de clientèle de la place, avec 3 millions de clients dont 475.000 sociétaires», assure Benchaâboune. A côté, le développement du réseau de proximité de la Banque Populaire se poursuit bon train. Il passe à 800 agences. Parallèlement, en monétique, le nombre des guichets automatiques s’est élevé à 851.
Le volume de dépôts sur le marché MRE passe quant à lui à 62,5 milliards de DH, impacté par la diversification des canaux de transfert et la proximité accordée par le fameux passeport européen.
Les crédits aux particuliers ont affiché une progression de 16,3 à 37,5 milliards de DH, soit une part de marché en crédit à la consommation et en crédit acquéreur, de respectivement 34,6 % et 23%.
Du côté des filiales, Assalaf Chaabi s’assure l’amélioration (modique) de 2% de son encours, à 3,7 milliards de DH pour un résultat net qui passe à 28,2 millions de DH en accroissement de 14%. Maroc Assistance internationale brasse pas moins de 245 millions de DH de primes (+9%), arborant un résultat net de 12,8 millions de DH (+17%).
L’activité de Chaabi Leasing, dopée par les synergies opérées avec le réseau du Groupe, accroît de 20 % son encours en crédit-bail. Son résultat net ressort en amélioration de 12% à plus de 24,8 millions de DH.
Les filiales à l’international poursuivent toujours leur croissance bien que leurs participations aux résultats du groupe restent toujours aussi inapparentes. La Banque Chaabi du Maroc (BCDM) a ainsi poursuivi l’extension de son réseau commercial en Europe. Son résultat net s’est d’ailleurs apprécié de 63% à 12,3 millions de DH. S’agissant de Chaabi International Bank, son encours de crédits a littéralement bondi (+239%!). Idem pour son résultat net qui se bonifie de 105%.
Les Banques Populaires Maroco-centrafricaines et Maroco-guinéennes ont, quant à elles, inscrit un résultat net de respectivement 24,8 millions de DH et 8,6 millions, en accroissement de 51% et 18%.
N’empêche que du côté du risque, et malgré tous ces indicateurs rassurants, le top management de BP s’attend à un deuxième semestre plus serré. D’ailleurs le management du groupe affirme que «la prudence sera plus que jamais de mise pour la seconde moitié de l’année en matière de risque».
BCP, fer de lance
Pas de souci pour la Banque Centrale Populaire. La banque commerciale clôture le premier semestre 2009 sur une bonne tenue de son activité comme en attestent ses principaux agrégats. «Elle confirme son statut de véhicule des participations du Groupe qui se trouvent diluées dans le réseau, ce qui a présenté un impact indéniable sur le périmètre de consolidation», affirme Benchaâboune.
Il faut dire que l’intervention de BCP Bank a été pour beaucoup dans le rendement du Groupe. Celle-ci aligne un portefeuille en titres de pas moins de 36,3 milliards de DH. Le RNPG de BCP augmente quant à lui de près de 50% à 718 millions de DH, hissé par l’évolution du produit net bancaire (PNB) qui s’arrête à 1,3 milliard de DH (+46,3%).
Les principaux agrégats de la banque s’affichent également au vert sous l’effet du développement du corporate banking et de l’amélioration de l’encours des crédits consolidés.
La marge d’intérêt se renforce de 47,2%, tandis que celles des commissions remonte de 52,1%. Les dépôts de la clientèle totalisent, quant à eux, près de 16,1 milliards de DH (contre 9,9 milliards sur une année glissante). Soit un accroissement de 61% grâce à l’amélioration de la collecte.