MAROC FINANCE

Portail de la Finance au Maroc

Bank Al-Maghrib : Que dit le rapport annuel 2008 présenté au Roi ?

  • PDF
Reçu par le Roi, ce 2 juillet, à Nador, Abdellatif Jouahri, Wali Bank Al-Maghrib, a présenté au Souverain le rapport annuel de la Banque Centrale sur la situation économique, monétaire et financière au titre de l'année 2008. Décrypyage.


Le rapport de Bank Al-Maghrib part du constat que la politique macroéconomique du Maroc a permis de consolider les fondamentaux internes et externes de l'économie nationale. 
L'accélération des réformes et le développement croissant des investissements dans les infrastructures ont contribué à consolider la stabilité macroéconomique et à soutenir la croissance, explicite le rapport qui trouve là l’explication à la résilience de l'économie marocaine face à la crise mondiale.

La croissance économique qui s’est hissée à 5,6 % au lieu de 2,7 % en 2007, s’explique par un rebond des activités agricoles qui ont progressé de 10,3 %, bénéficiant à la fois de bonnes conditions climatiques et d'un ralentissement de 1,9 % en glissement annuel du taux de croissance du PIB non agricole qui a subi l’impact de la crise au niveau de l’économie réelle, en particulier au 4ème trimestre.
Selon le rapport, le secteur tertiaire s'est renforcé représentant environ 60 % de la valeur ajoutée globale en 2008 et, malgré son ralentissement, le PIB non-agricole a gagné environ 1 point par rapport à la décennie précédente. Ce qui a permis au PIB par habitant d'atteindre 3,5 % sur la période 2000-2008 contre 1 % durant la décennie 1990-1999. 
Au niveau de la politique budgétaire, la maîtrise des finances publiques s'est consolidée, permettant une poursuite de la réduction de la dette du Trésor qui s'est établie à 47,3 % du PIB à fin 2008, enregistrant un recul d'environ 14,8 points entre 2005 et 2008. 
Malgré les charges de la compensation, le budget de l'Etat a enregistré pour la seconde année consécutive un excédent, principalement grâce à la forte progression des recettes fiscales. Un excédent de 0,4 % du PIB au lieu de 0,2 % en 2007. 
La stabilité des prix à moyen terme a été préservée malgré l'intensification en 2008 des tensions inflationnistes d'origine externe, notamment l’envolée sans précédent des cours des matières premières.
Du fait de cette envolée, essentiellement, la balance des paiements a connu un déficit des transactions courantes, rompant avec la tendance de ces dernières années. Cela s'est traduit par une légère baisse des réserves de change.
Dans le secteur financier, le rapport de Bank Al-Maghrib constate une hausse du ratio des dépôts bancaires par rapport au PIB. Ratio qui est passé de moins de 60 % en 2000 à près de 83 % en moyenne sur les trois dernières années. Hausse également du ratio crédits/PIB à 80 % et baisse des créances en souffrance qui ne représentent plus que 6 % de l'encours des crédits à fin 2008. 
Pour Bank Al-Maghrib (BAM), « si les atouts du Maroc lui ont permis de préserver ses équilibres internes et externes, la crise économique mondiale a révélé davantage encore la nécessité de remédier plus rapidement et plus profondément à certaines fragilités structurelles ».
Parmi les fragilités recensées par le rapport de BAM, il y a la faible productivité du secteur agricole, le manque de dynamisme des exportations, le déficit structurel de la balance commerciale, la rigidité des dépenses de la masse salariale et du système de compensation, les forts taux de déperdition scolaire et une bancarisation en deçà du potentiel du secteur. 
Le rapport recommande, d’abord, la préservation de l'acquis de la stabilité macroéconomique qu’il juge essentielle dans l’actuel contexte de crise internationale. 
Il conseille que le dispositif mis en place par le gouvernement pour faire face aux effets de cette crise s’accompagne de mesures qui renforcent la balance des paiements et stimulent le tourisme et les exportations. Il préconise aussi d'éviter de souscrire à de nouveaux engagements qui affecteraient les équilibres budgétaires et la compétitivité des entreprises. 
Pour BAM, l'amélioration des performances de l'économie nationale passe aussi par une cohérence plus forte des différentes stratégies sectorielles, un renforcement des réformes structurelles et des dispositifs efficaces de suivi-évaluation.
Le rapport appelle enfin à capitaliser sur les avancées accomplies pour renforcer l'attractivité du royaume et assurer le succès de sa transformation en plateforme pour les investissements, notamment dans le domaine des services financiers. Pour Bank Al-Maghrib, les avancées institutionnelles et réglementaires réalisées tendent à indiquer que « l'ambition de faire du Maroc une plateforme financière internationale n'est pas irréaliste ».

MAROC FINANCE

Portail de référence dans le monde de la Finance au Maroc, pour vos remarques, suggestions ou autre, contacter nous marocfinance@finessecom.com