Le délit d'initiés, la manipulation des cours ou toute autre infraction dans le domaine boursier ne sont malheureusement pas divulgués au Maroc.
Pourtant, les actions qui visent à agir sur les cours dans le but de les faire évoluer artificiellement, soit par la diffusion d'informations fausses ou trompeuses, soit par l'exercice de manoeuvres telles les interventions directes sur le marché, existent bel et bien.
Ce qui s'est produit, lundi, mardi et mercredi derniers sur la place boursière ne peut que faire fuir les investisseurs les plus optimistes, surtout que le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) fait profil bas. Celui-ci, après avoir joué le jeu et donné espoir, il y a quelques mois, en sanctionnant les sociétés de Bourse ayant dérapé dans les dossiers relatifs aux opérations d'introduction en Bourse de la GSI et de CGI, fait aujourd'hui un pas en arrière. Les plus bas annuels qui se sont enfoncés alors que se déclenchent les opérations split sur la place, sont passés sous silence.
Jusqu'à maintenant, le catalyseur de la débâcle n'est pas dévoilé au grand jour. Seulement, si le gendarme du marché ferme l'œil sur une chute, qui a tiré le marché vers une contre performance annuelle de 3,4% en cours de semaine, les observateurs de la place boursière mettent le doigt sur l'un des éléments accélérateurs de la dégringolade.
Certes les anticipations négatives des investisseurs quant à l'éventuel impact global que pourrait générer une crise du secteur immobilier sur le reste de l'économie y sont pour quelque chose, néanmoins certaines manœuvres anti-déontologiques sont à souligner.
Dar Tawfir (Groupe CFG), via son site de bourse en ligne, a émis des ordres de vente alors qu'ils ne disposent pas de titres (vente à découvert) enfonçant ainsi dans le rouge le cours de certains titres et par ricochet les deux baromètres de la cote.
Il a fallu qu'une réunion ait lieu entre les responsables de la Bourse des valeurs de Casablanca et des sociétés de bourse pour que la banque d'affaires revienne sur de telles pratiques. En effet, en retirant ces ordres, les deux indices boursiers ont repris des couleurs notamment lors des séances de jeudi et vendredi derniers ainsi que la séance d'hier pour revenir ainsi à la case de départ.
Une reprise qui a coïncidé, avec les feux d'artifices sur les places financières européennes. Le Groupe CFG, serait allé plus loin. Engagé dans une politique de ramassage des titres à prix réduits, il aurait même demandé à certains de ses clients de lui vendre des actions. Un cas concret d'une manipulation pure du marché qui n'a pas manqué de coûter très cher à un bon nombre d'investisseurs ayant misé gros sur le marché des actions.
Leur espoir de gain se sont ainsi évaporés et leur calculs déjoués. Plus grave encore, certains clients ont même appelé CFG pour lui demander de vendre certains titres à des prix réduits. Pour le moment, des investigations sont lancées par la Bourse de Casablanca pour l'identification de ces donneurs d'ordres. Un dérapage qui ne fait que remettre en cause la sécurité d'une place financière comme celle de Casablanca. Pourquoi ce silence ?
Le régulateur du marché boursier n'est-il pas suffisamment outillé pour la répression de ces manœuvres ? Apparemment non. Il dispose d'une bonne batterie de mesures de contrôle pour identifier et agir sur de tels comportements nuisibles. Il ne se prononce même pas sur les infractions relevées bien qu'elles soient très lourdes de conséquences sur l'épargnant. Bref, outre, le vraisemblable début de désengagement des investisseurs étrangers, un manque de visibilité de la part des opérateurs du marché plane. Petits ou grands, ceux-ci cèdent à la panique. Même les zinzins sont restés dansl'attentisme. Dans cette tourmente, les observateurs avertis ne manquent pas de pointer du doigt un gros morceau de la place, en l'occurrence la CDG, qui aurait dû intervenir de tout son poids sur le marché et minimiser les dégâts, mais elle avait agi à la manière d'un petit porteur par trop près de ses petits sous.
D'autant plus que la pointure campe, avec raison, le rôle d'un faiseur de marché qui ne pouvait, en aucun cas et contrairement à son comportement à l'occasion, de se cramponner dans la posture attentiste qu'il a arborée. Une frilosité, estiment certains, qui ne sied nullement à une entreprise qui a la force d'un régulateur.
Consolidation à la baisse
Si le marché s'est bien comporté en début d'année affichant un pic de performance à +17,6% le 13 mars 2008, il est rapidement entré dans une phase de consolidation à la baisse qui a duré pratiquement six mois.
La publication de bonnes réalisations en 2007 par les sociétés cotées semblent avoir été insuffisantes pour maintenir le trend haussier observé depuis la mi-2002. De même, le rythme des introductions en bourse, sensées dynamiser la Place et niveler par le bas ses niveaux de valorisation, a baissé puisque sur les neuf premiers mois de l'année, seules cinq valeurs ont accédé à la cote. Dans ces conditions, les investisseurs ont fini par céder à l'incertitude en se positionnant à la vente sur pratiquement toutes les valeurs, occasionnant un trend baissier de forte amplitude
(-13,2% sur les neuf dernières séances) et faisant basculer les performances annuelles des indicateurs de référence au rouge pour la première fois depuis fin 2002.
Ce qui s'est produit, lundi, mardi et mercredi derniers sur la place boursière ne peut que faire fuir les investisseurs les plus optimistes, surtout que le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) fait profil bas. Celui-ci, après avoir joué le jeu et donné espoir, il y a quelques mois, en sanctionnant les sociétés de Bourse ayant dérapé dans les dossiers relatifs aux opérations d'introduction en Bourse de la GSI et de CGI, fait aujourd'hui un pas en arrière. Les plus bas annuels qui se sont enfoncés alors que se déclenchent les opérations split sur la place, sont passés sous silence.
Jusqu'à maintenant, le catalyseur de la débâcle n'est pas dévoilé au grand jour. Seulement, si le gendarme du marché ferme l'œil sur une chute, qui a tiré le marché vers une contre performance annuelle de 3,4% en cours de semaine, les observateurs de la place boursière mettent le doigt sur l'un des éléments accélérateurs de la dégringolade.
Certes les anticipations négatives des investisseurs quant à l'éventuel impact global que pourrait générer une crise du secteur immobilier sur le reste de l'économie y sont pour quelque chose, néanmoins certaines manœuvres anti-déontologiques sont à souligner.
Dar Tawfir (Groupe CFG), via son site de bourse en ligne, a émis des ordres de vente alors qu'ils ne disposent pas de titres (vente à découvert) enfonçant ainsi dans le rouge le cours de certains titres et par ricochet les deux baromètres de la cote.
Il a fallu qu'une réunion ait lieu entre les responsables de la Bourse des valeurs de Casablanca et des sociétés de bourse pour que la banque d'affaires revienne sur de telles pratiques. En effet, en retirant ces ordres, les deux indices boursiers ont repris des couleurs notamment lors des séances de jeudi et vendredi derniers ainsi que la séance d'hier pour revenir ainsi à la case de départ.
Une reprise qui a coïncidé, avec les feux d'artifices sur les places financières européennes. Le Groupe CFG, serait allé plus loin. Engagé dans une politique de ramassage des titres à prix réduits, il aurait même demandé à certains de ses clients de lui vendre des actions. Un cas concret d'une manipulation pure du marché qui n'a pas manqué de coûter très cher à un bon nombre d'investisseurs ayant misé gros sur le marché des actions.
Leur espoir de gain se sont ainsi évaporés et leur calculs déjoués. Plus grave encore, certains clients ont même appelé CFG pour lui demander de vendre certains titres à des prix réduits. Pour le moment, des investigations sont lancées par la Bourse de Casablanca pour l'identification de ces donneurs d'ordres. Un dérapage qui ne fait que remettre en cause la sécurité d'une place financière comme celle de Casablanca. Pourquoi ce silence ?
Le régulateur du marché boursier n'est-il pas suffisamment outillé pour la répression de ces manœuvres ? Apparemment non. Il dispose d'une bonne batterie de mesures de contrôle pour identifier et agir sur de tels comportements nuisibles. Il ne se prononce même pas sur les infractions relevées bien qu'elles soient très lourdes de conséquences sur l'épargnant. Bref, outre, le vraisemblable début de désengagement des investisseurs étrangers, un manque de visibilité de la part des opérateurs du marché plane. Petits ou grands, ceux-ci cèdent à la panique. Même les zinzins sont restés dansl'attentisme. Dans cette tourmente, les observateurs avertis ne manquent pas de pointer du doigt un gros morceau de la place, en l'occurrence la CDG, qui aurait dû intervenir de tout son poids sur le marché et minimiser les dégâts, mais elle avait agi à la manière d'un petit porteur par trop près de ses petits sous.
D'autant plus que la pointure campe, avec raison, le rôle d'un faiseur de marché qui ne pouvait, en aucun cas et contrairement à son comportement à l'occasion, de se cramponner dans la posture attentiste qu'il a arborée. Une frilosité, estiment certains, qui ne sied nullement à une entreprise qui a la force d'un régulateur.
Consolidation à la baisse
Si le marché s'est bien comporté en début d'année affichant un pic de performance à +17,6% le 13 mars 2008, il est rapidement entré dans une phase de consolidation à la baisse qui a duré pratiquement six mois.
La publication de bonnes réalisations en 2007 par les sociétés cotées semblent avoir été insuffisantes pour maintenir le trend haussier observé depuis la mi-2002. De même, le rythme des introductions en bourse, sensées dynamiser la Place et niveler par le bas ses niveaux de valorisation, a baissé puisque sur les neuf premiers mois de l'année, seules cinq valeurs ont accédé à la cote. Dans ces conditions, les investisseurs ont fini par céder à l'incertitude en se positionnant à la vente sur pratiquement toutes les valeurs, occasionnant un trend baissier de forte amplitude
(-13,2% sur les neuf dernières séances) et faisant basculer les performances annuelles des indicateurs de référence au rouge pour la première fois depuis fin 2002.
