Les avatars boursiers générés par la crise n’ont pas eu raison des OPCVM. Le marché de la gestion semble en effet à l’abri de l’évolution heurtée qui avait caractérisé la place financière durant les dix derniers mois. Sa croissance est restée vigoureusement tirée par la valorisation des fonds obligations gérés par les organismes de placement.
En témoignent les chiffres de Bank Al-Maghrib sur les OPCVM pour le premier semestre 2009. Ces derniers font ressortir une performance significative enregistrée au niveau des fonds obligations pour le moyen et long terme. Lesquels avaient pourtant essuyé de longs mois de quasi-stagnation, avant de reprendre au 1er semestre 2009. Ainsi, ils se sont améliorés de 25,3%, à l’heure où les fonds des OPCVM monétaires se sont accrus de 9,7%.
Ce qui n’a pas manqué de porter l’encours des actifs gérés (tous organismes confondus) à 161 milliards de DH, en amélioration de 22%. Cette vague de souscriptions nettes s’est d’ailleurs effectuée «en dépit des mouvements dus aux opérations de rachat, souvent plus importantes que les souscriptions mêmes des OPCVM», explique un analyste de BMCE Capital Bourse.
Remaniements réglementaires
L’autre facteur derrière ces hausses réside dans les remaniements réglementaires tous azimuts, qui avaient particulièrement fleuri en 2008. En effet, l’année écoulée aura été celle des réformes par excellence sur le plan des règlements liés aux OPCVM. Le nouveau cadre juridique sur les placements collectif, avait coïncidé avec l’adoption des dispositions sur le traitement des opérations sur titres. Des changements qui ont eu pour mérite de définir plus clairement la responsabilité de l’émetteur au niveau des opérations sur titre.
Par ailleurs, l’encadrement de la profession d’analyste financier s’est également dotée d’une nouvelle mouture.
A cela s’est greffée une circulaire relative aux opérations de placement en devises réalisées par les OPCVM à l’étranger, intervenue dans la lignée des mesures de libéralisation lancées depuis 2007. Ses dispositions fixent les modalités de conservation des placements à l’étranger, ainsi que les règles minimales d’organisation s’appliquant aux sociétés de gestion.
Rappelons que selon les derniers chiffres du CDVM (qui portent sur 2008), le nombre des OPCVM est passé à 260, consécutivement à la création de 22 nouveaux fonds dont deux découlant d’une nouvelle catégorie, celle des OPCVM contractuels.
Du point de vue de leurs composantes, ces organismes se déclinent en 215 fonds communs de placement et 45 sociétés d’investissement (SICAV).
Et ce sont bien évidemment les OPCVM obligations à moyen et long terme qui se sont taillés la part du lion, avec un nombre de 109 fonds, soit près de 42% du total.
En revanche, les OPCVM actions et diversifiés ont enregistré une faible progression en raison de la dépréciation des cours boursiers. Leur part est ainsi revenue de 18,4 à 15%. La place de l’actif net des OPCVM dans l’épargne nationale a, quant à elle, enregistré un accroissement notable, passant de 66,2% en 2007 à plus de 75% en 2008, tandis que son ratio par rapport au PIB s’est accru pour atteindre 23,4%.
