Et si les professionnels restent optimistes, c’est que le ralentissement de l’activité n’a commencé qu’en octobre 2008. «Nous avons bien démarré l’année, mais à partir d’octobre nous avons constaté un ralentissement qui a atteint 30% en décembre», affirme Ahmed Hjiej, président-directeur général de Facop.
Les causes, selon les professionnels, sont autant la stagnation de l’immobilier, Aïd Al Adha, qui connaît un arrêt des chantiers, que les intempéries. «Le ralentissement de l’activité a été constaté à Marrakech. Et puis le phénomène s’est propagé car il y a un effet psychologique», explique Farid Berrada, PDG de Colorado. Autre facteur, ajoute Berrada, la crise financière internationale a amené les banques à fermer les robinets des crédits, notamment de consommation. Ceci a engendré un problème de recouvrement: «Nous vendons la peinture à des revendeurs moyennant des crédits. Mais il est difficile, ces derniers temps, de procéder au recouvrement».
Par ailleurs, l’industrie de la peinture connaît une concurrence très rude. 70% du marché est partagé entre 6 entreprises. Cependant, le marché a connu un véritable chamboulement ces dernières années. Toutefois, en l’absence de statistiques sur le marché, il reste très difficile de se faire une idée sur son évolution. Les professionnels affirment une augmentation de la production en 2008 de 5 à 8% avec un total de production de 150.000 tonnes par an.
L’augmentation du prix des matières premières et la baisse du pouvoir d’achat constituent des obstacles à l’évolution du secteur.
Cela dit, il faut préciser que les grandes entreprises ne travaillent que dans le haut et moyen standing. Le logement économique reste largement dominé par «les garagistes», petits vendeurs qui font eux-mêmes le mélange. Ces derniers ont pratiquement le monopole du marché de l’immobilier économique. «Il y a un foisonnement de garagistes qui vendent une peinture d’une très mauvaise qualité ce qui nuit à l’image du secteur», affirme Abderrahim Amzin, PDG de Atlas peinture et président de l’Association marocaine des industries de peintures, d’encres, de colles & adhésifs (AMIPEC).
La peinture carrosserie, elle, ne fait pas mieux. L’engouement des consommateurs pour les voitures neuves a entraîné une baisse drastique de l’activité.



