«On vend les sept hôtels, on encaisse le chèque. Pour financer Sofac et Maroc Leasing on ne va pas transférer de l’argent à la CDG, mais on va procéder à une augmentation de capital dont le montant sera arrêté de manière définitive fin novembre 2010», c’est ainsi qu’Ahmed Rahhou président du CIH (Crédit immobilier et hôtelier) a résumé les opérations stratégiques qui ont intrigué, la semaine dernière, le microcosme financier.
C’est en fait deux opérations à double tranchant et à vrai dire bénéfiques pour l’ex-OFS, qui s’échine depuis des années à devenir une banque universelle assainie. La première, liée à la cession des sept hôtels pour une valeur de 705 MDH (cession des titres et créances) permet à la banque d’améliorer son ratio de liquidité et de se rapprocher en fin d’année 2010 des exigences réglementaires telles que établies par la Bank Al Maghrib. En outre, une partie du prix de cession sera placée dans des bons de trésor sur des maturités de 1 an et plus, sans omettre bien entendu l’impact immédiat de cette transaction sur la trésorerie de la banque.
En même temps, la banque se sépare de sept hôtels en redressement judiciaire pour leur plupart. «Ils ne font que consommer du cash et alourdir les comptes de la banque, leurs pertes se sont accumulées ces trois dernières années et se sont chiffrées à fin 2009 à près de 70 MDH» à précisé Ahmed Rahhou. D’ailleurs, même le conflit avec la chaîne Riad Salam sera clos pour alléger le bilan. Quant à la transaction relative à la reprise des participations de la CDG dans Sofac et Maroc Leasing qui sera financée par une augmentation de capital, elle viendra réconforter le ratio de solvabilité de l’établissement de crédit, notamment avec la libération de 77 MDH de fonds propres. Comme l’a indiqué le président de la banque, «on a besoin de cet argent car la force de frappe d’une banque dépend de la taille de ses fonds propres».
Bien entendu, l’impact sur les résultats sera imminent. Outre l’économie des frais de gestion induits par la gestion hôtelière en direct, certains indicateurs d’activités seraient appelés à s’apprécier.
C’est le cas notamment du PNB de la banque et des résultats consolidés qui en apparence ont fait grise mine à fin juin 2010. Ahmed Rahhou, lui, lors de la conférence de présentation des résultats semestriels a tenu à faire la distinction entre les résultats apparents et ceux récurrents. «Les résultats du CIH ne sont pas mauvais. Mais c’est leur lecture qui n’est pas facile. Il est à préciser que la banque courante, sur laquelle on table globalement, avance bien », a-t-il insisté.
Ainsi, le compte de résultat récurrent fait ressortir un PNB en amélioration, entre fin juin 2009 et fin juin 2010, de 8,1% à 619,28 MDH alors que le compte résultat apparent fait état d’une détérioration de 4,7% à 617,41 MDH. Idem pour le coefficient d’exploitation, qui retraité, s’établit à 57% à fin juin 2010 et à 60,7% au niveau du compte de résultat apparent. «Le vrai coefficient d’exploitation est en amélioration. En 2012 et 2013, cet indicateur sera aligné sur celui du secteur bancaire», a-t-il lâché.
Quant au résultat net, il est identique au niveau des deux comptes. Il est en recul de 22% à 116,58 MDH sur une année.
N’empêche que le président de la banque se montre optimiste. «2010 est l’année de l’exécution du plan industriel. Le premier semestre est un semestre de transaction pour le CIH passe d’une banque mono activité à une banque universelle. C’est pourquoi on a entamé plusieurs actions qui nous permettront rapidement de le devenir. Ce n’est qu’en 2011 que le CIH compte s’aligner sur les performances des autres banques de la place». Il n’en demeure pas moins que d’autres opérations d’assainissement continuent de peser sur la banque.
Cession en bloc
Pour l’évaluation des sept hôtels (un millier de chambres) cédés à la CDG, le CIH a eu recours à l’expertise de la banque d’affaires de la Banque populaire, Upline Secutities. Ainsi, sur la base d’une évaluation indépendante et après assainissement des situations nettes, le CIH a adopté un plan d’action privilégiant une cession en bloc. A noter que la banque avait à trancher entre trois choix. Gérer les hôtels, les donner en gestion ou les vendre en compartiment ou en blocs. C’est d’ailleurs cette dernière solution qui a été privilégiée. D’après Ahmed Rahhou, président du CIH, «lors des négociations très peu d’investisseurs pouvaient reprendre les sept hôtels en blocs. La CDG a été la plus efficace et la plus rapide dans sa démarche». La CDG est un actionnaire de référence dans le capital du CIH.



