Les efforts déployés par l’Etat, depuis les années 1980, dans la libéralisation du commerce extérieur, n’ont pas suffi à faire des exportations un véritable moteur de croissance.
Mise en place des instruments de financement des exportations, d’assurance, d’incitations fiscales, multiplication des accords de libre-échange… les instruments ne manquent pas. Mais la situation ne change pas. Toutes les initiatives ne semblent pas produire l’effet escompté: nos échanges extérieurs sont toujours polarisés sur le marché européen et l’offre n’a guère évolué. L’économie marocaine s’est davantage ouverte sur l’extérieur, mais sa part dans le commerce mondial est restée quasiment stable sur la dernière décennie (autour de 0,12% selon le ministère des Finances).
Les exportations ont enregistré une contre-performance durant les années 1990, progressant à un taux de 6,9% contre 16% la décennie précédente. Une situation qui a perduré entre 2001 et 2008, période durant laquelle le rythme d’accélération des exportations a été faible (de 78,8 milliards de DH en 2000 à 154,5 milliards en 2008).
L’analyse de l’évolution des exportations par groupe de produits montre une quasi-stagnation de la part des produits alimentaires et des produits bruts. La part des produits agricoles dans les exportations n’a pas dépassé les 6% en 2006, ces derniers restant conditionnés par les effets climatiques, mais aussi par les quotas. Les exportations restent globalement concentrées sur quelques secteurs d’activité à faible valeur ajoutée. La part des demi-produits est passée de 18 à 29% en lien avec l’accroissement des exportations des produits chimiques.
Le tiercé qui a contribué le plus à la performance des exportations est composé de produits textiles et habillement, de phosphates et dérivés et de produits de la mer.
Pour ce qui est de l’analyse géographique des exportations, celle-ci fait ressortir l’émergence de nouveaux débouchés comme l’Inde et le Brésil, qui ne sont autres que des partenaires de l’OCP. Ainsi, la part de la France, débouché historique du Maroc, s’est légèrement repliée même si ce pays demeure de loin le premier client du Maroc, suivi de l’Espagne.
Du côté des importations, la progression est en moyenne de 9,5% sur la période 2001-2006 contre 7,3% entre 1991-2000 (ministère des Finances). Une évolution liée au processus de rattrapage économique dû à la hausse des achats des biens d’équipement et aux incidences du renchérissement des cours des matières premières, notamment le pétrole brut. En effet, les importations pétrolières et céréalières ont fortement augmenté pour atteindre des niveaux record s’établissant respectivement à 30,8 et 17,3 milliards de DH en 2008.
Toujours sur les importations, à l’exception de la hausse de la part de l’énergie de 22,2% en 2008 après 9% en 1998, la part des autres groupes est restée presque stable. En effet, les importations sont prédominées par quatre groupes de produits: les produits énergétiques, les biens de consommation, les demi-produits et les biens d’équipement. Les importations des demi-produits sont constituées principalement des produits chimiques, du fer et de l’acier. L’évolution des achats de produits alimentaires à l’étranger est conditionnée par les besoins en céréales qui accusent de fortes augmentations durant les années de sécheresse et demeurent affectées par l’évolution des prix sur le marché international.
Quant à la répartition géographique des importations, celle-ci suit pratiquement la même tendance que les exportations. Le poids de l’UE s’est inscrit en nette baisse, s’établissant à 52,4% en 2006, mais reste prédominant. Compte tenu de ces évolutions, les échanges extérieurs se sont soldés par une aggravation du déficit commercial qui est passé de 44 milliards de DH en 2001 à 167,4 milliards en 2008. Ce niveau de déficit reflète la fragilité du tissu productif national et la sensibilité de l’économie aux chocs exogènes. La stratégie de diversification des partenaires économiques ne semble pas avoir atteint son point culminant et générer une redistribution du commerce extérieur sur des partenaires clés. Le poids prépondérant de l’UE pèse encore sur les comptes. La résolution devrait dépasser la logique des coûts pour englober des dimensions plus structurantes telles que la refonte du schémas de spécialisation au profit des créneaux porteurs.



