En coulisse, on parle de «règles de bonnes conduites». En public, on met plutôt en avant «la charte». Chez Maroc Export, la diplomatie est de mise. Qui dit règles dit «rigidité». Or sa charte de participation aux salons spécialisés et foires internationales vise à mettre un peu d’ordre.
Cette nouveauté 2010 a été présentée par l’institution que préside Saâd Benabdellah lors du conseil d’administration du 11 février, tenu à Casablanca. Le fameux document compte ainsi 5 articles et un petit préambule. Et où l’on peut lire justement que la «charte a un caractère général et s’applique à toutes les manifestations organisées par Maroc Export, complétée par le règlement particulier propre à chaque manifestation». Sa signature engage donc le participant. L’on se demande par ailleurs qu’en cas de contradiction, entre la charte ou le règlement, qui serait prioritaire? La question s’impose. Premier souci, respecter les délais. Puisque la demande de participation est soumise à une échéance, elle engage certes l’entreprise, mais «ne donne aucun droit à l’admission ou à l’attribution d’un stand d’une grandeur ou d’un emplacement déterminé…», stipule la charte. Son article premier vise, a priori, à instaurer un traitement d’égalité entre les entreprises candidates: Maroc Export reste souveraine dans l’attribution des emplacements…
Cette solution s’impose, surtout que le favoritisme, auquel des enseignes appartenant à de grands groupes prétendent, grippe parfois la machine. La situation se corse, pour Maroc Export notamment, lorsque les places sont limitées dans le pavillon marocain. D’où l’intérêt de la charte puisque «les inscriptions seront validées par une commission présidée par l’organisme et les représentants du secteur».
Pas d’école buissonnière
Payez d’abord, participez ensuite. C’est le principe qui prévaut désormais pour le candidat à un salon ou une foire. La somme doit donc être versée intégralement. Il faut compter en moyenne entre 1.700 à 2.000 DH/m2. Sachant qu’en général la superficie d’un stand oscille de 9 à 12 m2. Ce sont-là les seuls frais de participation exigés. Si des prestations supplémentaires sont commandées auprès des organisateurs du salon, l’exposant doit régler sa facture directement chez eux. Maroc Export ne tient aucunement le rôle d’intermédiaire.
Il y a aussi les désistements. Sauf cas de force majeure, aucun remboursement ne sera dû au participant. En revanche, «une annulation de plus de 3 semaines avant l’exposition» permet de récupérer 50% des frais de participation. Si c’est moins, Maroc Export empoche tout le montant. Le but est de dissuader les candidats pas sérieux… Il arrive que des exposants fassent de la figuration: une foire à l’étranger est une belle occasion pour faire du shopping en période de solde surtout. Or la charte exige à juste titre que «l’exposant s’engage à maintenir l’exploitation de son stand, de l’occuper pendant les heures d’ouverture et d’en assurer l’ordre et la propreté». Même son agencement doit être cohérent avec le design du pavillon marocain. Et où les outils promotionnels (affiches, produits, logo…) ne devraient pas semer le bazar. Quant aux échantillons, ils sont à la charge des exposants: pas de colis qui traînent avant et après l’exposition. Enfin, les exposants s’engagent aussi à remplir et remettre les formulaires d’évaluation à Maroc Export. Il est peut-être temps de lancer le hit-parade du meilleur et du plus mauvais… participant.



