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Shell rassure sur son retrait d’Afrique

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Shell se retire de 21 pays d’Afrique, dont le Maroc. Même si l’annonce en a été faite le 1er avril, ce n’est pas un poisson d’avril. En fait, l’intention de Shell de se retirer d’Afrique remonte à plusieurs mois déjà. Mais, aujourd’hui, la multinationale veut rassurer sur les modalités de son désinvestissement du continent africain. Pour ce faire, elle a dépêché Phaldie Kalam, son vice-président chargé de la communication à Shell Afrique. L’on comprend bien les motifs du déplacement à Casablanca de ce haut responsable pour rencontrer les médias marocains. Shell du Maroc représentait 46% du bénéfice net de tous les pays africains en 2009. De plus, c’est le deuxième pays d’Afrique en termes de rentabilité et de volume, après l’Afrique du Sud. La filiale marocaine emploie 800 personnes, soit 35% du personnel de Shell Afrique, qui s’élève à 2.500 salariés. L’objectif de la sortie médiatique est donc de couper court aux rumeurs et aux supputations. «Toute information non publiée par Shell ne relève que de la spéculation», prévient d’emblée Kalam. En clair, la multinationale veut rasséréner le processus de son désengagement, éviter les conflits sociaux qui pourraient naître dans ses filiales, notamment au Maroc et rassurer clients et fournisseurs. Mais d’abord pour ce qui est des raisons du retrait de Shell, le dirigeant affirme que «la vente des actifs dans 21 pays d’Afrique fait partie d’une stratégie internationale, qui n’est pas due aux conditions propres à ces marchés». La nouvelle stratégie de Shell consiste à recentrer ses investissements sur un nombre réduit de marchés et plus larges. Pour ce faire, elle doit donc revendre ses actifs en Afrique pour disposer des capitaux nécessaires à la mise en œuvre de son nouveau programme d’investissement.

Plusieurs offres sont maintenant à l’étude. Pour l’heure, rien ne filtre sur les acéquereurs potentiels. Toujours est-il que les actifs seront cédés au meilleur offrant. Mais pour ceux qui étaient friands de chiffres, ils en ont eu pour leur grade. Le responsable s’est refusé à annoncer le moindre chiffre sur le montant de la transaction. Shell pourrait revendre ses filiales africaines en un ou plusieurs blocs. Tout dépendra des capacités financières du nouvel acquéreur. Dans la forme, il s’agira d’un simple changement d’actionnariat. «Les engagements pris tant avec nos fournisseurs, clients et personnel seront transférés à l’acheteur, qui devra les respecter selon la législation en vigueur».

Sur le plan des ressources humaines, Shell s’engage à garantir la continuité des contrats signés avec son personnel et à respecter la législation en matière de travail au cours de la période de transition. Sur un autre registre, des salariés de Shell Maroc réclament le versement d’une plus-value sur la cession. Or, celle-ci revient exclusivement au revendeur. Toutefois, «Shell communiquera sur les détails de son système d’évaluation du personnel une fois l’accord signé avec le nouvel entrant». Une prime pourrait donc être versée au personnel en fonction de son appréciation par la direction.

Autre question relative aux ressources humaines, le maintien ou non des effectifs. Une décision qui dépendra de la stratégie du nouvel arrivant. Shell espère à ce sujet «que les pertes d’emplois seront minimisées. Le cas échéant, la législation du travail sera appliquée». Le processus de cession durera entre 6 et 12 mois. Mais pour réduire la durée d’incertitude, la multinationale veut concrétiser la transaction dans des délais plus brefs. Par ailleurs, Kalam considère que la vente des filiales africaines est «la meilleure option pour assurer leur pérennité et leur développement». L’arrivée d’un ou de plusieurs nouveaux entrants permettra à ces entreprises de mieux prospérer grâce à l’injection de nouveaux capitaux. Ce qui sera possible surtout si la distribution est au cœur du métier du nouveau repreneur.

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