Le projet de contrat-programme logistique est prêt et sera bientôt paraphé entre la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le ministère de l’Equipement. Attendu depuis plusieurs mois, ce contrat donnera plus de visibilité aux opérateurs dans un secteur où la compétitivité est de mise. L’étude menée avec la Banque mondiale avait montré que les coûts logistiques totaux représentent 20% environ du PIB contre 10 à 16% pour les pays de l’Union européenne. Et donc le pays peut gagner plusieurs points du PIB en mettant en place une logistique plus performante.
La démarche qui sera poursuivie n’est autre que la mise en place de zones logistiques au niveau des principales villes. Un schéma directeur national des plateformes logistiques est arrêté et plus de 1.000 hectares seront mobilisés à cet effet. La problématique du foncier est levée puisque l’on recourt en grande partie à des terrains étatiques. A Casablanca par exemple, la zone logistique est localisée du côté de Tit Mellil. Cinq plateformes y sont prévues dont trois dédiées aux céréales, au textile et aux conteneurs.
Des plateformes conteneurs seront localisées dans sept grandes villes dont Casablanca et Tanger, l’agro-industrie dans toutes les grandes villes ainsi que les matériaux de construction. Ces plateformes généreraient la mise en place d’opérateurs logistiques intégrés. C’est d’ailleurs un des points principaux du contrat-programme. Mais toute la question est de savoir comment transformer des opérateurs privés en champions nationaux. Le patronat suggère la mise en place d’un fonds à l’image de ce qui s’est fait à l’étranger. L’idée est de pouvoir accompagner les opérateurs pour qu’ils puissent offrir des prestations de «bout en bout». Ce volet ne serait pas intégré dans le contrat-programme qui constitue un cadre général. Une dizaine de «contrats d’application» par secteur seront par la suite adoptés. En tout cas, tout dépendra de la capacité de la CGEM à négocier des «avantages qui profiteraient d’abord aux opérateurs nationaux», commente un chef d’entreprise.
Troisième mesure du projet de contrat-programme, l'élaboration d’une cartographie des fonctions logistiques. Des modules de formation seront mis en place, sachant que dans cette activité 85% des emplois relèvent de l’opérationnel.
La stratégie logistique étant basée sur la performance, un observatoire pour la compétitivité logistique, géré par l’administration et la CGEM, sera mis en oeuvre. Il sera chargé de définir, mesurer et publier périodiquement la compétitivité logistique par flux et par sous-secteur.



